LMC France soutient la recherche


LMC France : 20 000€ pour la recherche contre la LMC

Retour sur le projet de recherche à mi-parcours

 

Fidèle à ses engagements, en 2013, LMC France lance un appel d’offre à projets de recherche visant à promouvoir la recherche dans le domaine de la LMC et à développer la compréhension de cette forme rare de cancer du sang.

Le 22 Septembre 2016, LMC France a le plaisir d'annoncer que les lauréats de l'appel d'offre de 20.000 euros sont le Professeur Mauricette Michallet et les Docteurs Stéphanie Gobert, Véronique Maguer-Satta et Franck Nicolini. Leur projet porte sur le " Rôle de la voie BMP dans la résistance aux traitements de la Leucémie Myéloïde Chronique des cellules leucémiques et dans les cellules stromales."

C’est un important projet pour pouvoir comprendre les mécanismes affectant la résistance au traitement de la LMC et pour pouvoir agir par la suite avec de nouveaux traitements.

Et c’est à mi-parcours que le Docteur Nicolini revient sur le projet de recherche et sur son avancée.

Docteur Franck-Emmanuel Nicolini

Le Dr. Nicolini est un médecin spécialisé dans les maladies du sang depuis 25 ans et s’intéresse depuis très longtemps à la LMC dans le cadre de recherches fondamentales. En 2001, avec son chef de service le professeur Michallet, ils montent un groupe de recherche qui travaille sur cette maladie. « J’essaye d’augmenter les connaissances, d’aider les patients à accéder à de nouvelles molécules, d’améliorer l’information qui est délivrée aux patients en France et ailleurs car je participe à différentes formations » explique-t-il. Depuis 15 ans, il occupe le rôle de secrétaire du Fi-LMC, le groupe français de la LMC (groupe scientifique d’hématologues créé en l’an 2000).

L’intérêt du projet pour les patients atteints de LMC

Le Docteur Nicolini nous explique que depuis de nombreuses années, il s’intéresse avec son équipe au micro-environnement médullaire, c’est-à-dire tout ce qui entoure la cellule leucémique. Elle est entourée d’autres cellules qui sont dans la moelle osseuse et qui communiquent avec elle et peuvent avoir des conséquences sur son fonctionnement et sa survie.

Pendant très longtemps, les chercheurs se sont penchés sur les solutions à mettre en place pour éradiquer la cellule leucémique (chimiothérapie, doses de médicaments, ...) sans toucher aux cellules qui étaient autour. Ces cellules peuvent avoir un rôle néfaste et  favoriser la division cellulaire des cellules leucémiques.

Ils se sont donc intéressés à certaines protéines sécrétées par ces cellules du micro-environnement et par les cellules leucémiques elles-mêmes les « BMP ». Ces protéines se fixent sur des récepteurs qui sont exprimés à la surface des cellules leucémiques dérégulées et vont ainsi induire un certain nombre de conséquences. « On s’est intéressés à ces protéines depuis très longtemps dans notre laboratoire (depuis au moins 15 ans), d’abord dans le contexte normal (le fonctionnement des cellules souches sur la moelle osseuse) et ensuite on a regardé chez les patients atteints de LMC au diagnostic, c’est-à-dire avant tout traitement, pour voir si ces protéines étaient effectivement dérégulées, certaines hyper secrétées, d’autres hypo secrétées, et-ce que cela pouvait avoir comme conséquences » explique-t-il.

C’est un travail de longue haleine qui a duré 3 ans et qui a fait l’objet d’une publication il y a 5 ans dans la revue américaine « Blood ».

« C’est pour ce projet que nous avons reçu un soutien de LMC France. On s’est intéressé aux patients qui ont reçu des médicaments utilisés dans le traitement de cette maladie ce sont les inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK) » poursuit-il. Un certain nombre de patients (20-25%) vont évoluer vers une résistance à ces médicaments. C’est-à-dire que même s’ils prennent bien ces médicaments, petit à petit, les cellules leucémiques vont échapper au contrôle et vont se remettre à se diviser de façon incontrôlée et la maladie va ré-émerger. Ils se sont donc intéressés aux patients qui ont cet état de résistance pour voir ce qu’il se passait dans leurs cellules leucémiques et dans les protéines du micro-environnement médullaire.

Les conclusions de cette étude montrent que les protéines favorisent la résistance des cellules leucémiques qui surexpriment de multiples récepteurs de manière anormale à leur surface.  Le micro-environnement sécrète beaucoup de protéines qui vont se fixer sur ces récepteurs et vont déclencher la division cellulaire. Ces résultats viennent d’être publiés à nouveau dans la revue américaine « Blood ».

Ainsi chez des patients résistants, il se peut qu’à long terme, il soit possible d’utiliser des inhibiteurs de ces récepteurs pour mieux éradiquer les cellules pathologiques ou par exemple des anticorps contre  les protéines qui sont surexprimées pour essayer de les éliminer et arrêter l’emballement de la cellule leucémique dans un contexte de résistance.

Le soutien de l’association LMC France

Le Dr. Nicolini et son équipe continuent de travailler sur ce sujet. « Nous sommes heureux d’avoir eu le soutien de l’association LMC France pour ce projet qui nous permet de fonctionner, d’accéder à des réactifs qui permettent d’étudier et de doser des molécules, d’étudier leur fonctionnement, de quantifier le nombre de récepteurs exprimés à la surface des cellules leucémiques ... » exprime-t-il.

Il en profite également pour remercier les patients atteints de leucémie qui donnent leurs cellules, afin qu’ils puissent les examiner et sans qui les études ne seraient pas possibles. Il remercie aussi les donneurs de moelles osseuses saines sous anesthésie générale pour leur frère ou leur sœur atteints de leucémie leurs cellules servent de témoin normal dans les différentes expériences effectuées.

A ce jour, les chercheurs forment des étudiants aux techniques utilisées en laboratoire. Il souligne par ailleurs que le soutien financier de LMC France en plus d’acheter des produits et des réactifs il permet au laboratoire de fonctionner et de former des étudiants en sciences, la dernière étudiante en thèse sur ce sujet étant maintenant accepté pour un stage post-doctoral à l’université de Columbia à New York (USA)..

L’avancement du projet à mi-parcours

A mi-parcours, le Docteur Nicolini et son équipe se disent satisfaits de leur avancée sur le projet. En effet, ils en sont arrivés à des conclusions reconnues par des experts internationaux et poursuivent le protocole. « Nous voulons aller toujours au-delà, nous continuons nos recherches pour essayer de comprendre tous les mécanismes dans cette voie » affirme le Docteur.

La communication scientifique autour du projet

A ce jour, le projet a fait l’objet de nombreuses communications scientifiques. Il a en effet été présenté à la société française d’hématologie (SFH) en 2017. Le Docteur Véronique Maguer-Satta, qui est la responsable du laboratoire, a présenté les données à l’ « European School of of Hematology » (ESH), le Congrès International sur la LMC qui a lieu une fois par an au mois de septembre. Le projet a aussi été présenté à divers Congrès internationaux et nationaux, mais aussi dans différentes réunions locales du groupe français de la LMC, ainsi que dans des réunions scientifiques qui ont eu lieu à Nice.

Enfin,  la conclusion de cette étude a été publiée en septembre 2017 dans une revue scientifique américaine, Blood, considérée comme la bible des hématologistes dans le monde. « C’est notre étudiante en tête de science et biologie, Elodie Grockowiak qui est premier auteure. Nous avons bien évidemment remercié LMC France pour leur soutien » continue le Docteur Nicolini.

Les attentes pour la fin de ce projet

Pour la fin du projet, les chercheurs s’intéressent à la voie BMP (Bone Morphogenetic Protein). Dans cette voie, après que cette protéine se soit fixée sur son récepteur il y a un grand nombre de protéines qui vont interagir entre elles à l’intérieur de la cellule. « Nous cherchons à savoir ce qui est dérégulé dans la cellule leucémique afin de développer des médicaments spécifiques de cette dérégulation pour l’interrompre » affirme-t-il. Le Docteur Nicolini nous explique que même s’il est difficile de comprendre le mécanisme dans sa globalité car il y a une dizaine de protéines partenaires, il espère qu’à l’avenir cela débouchera sur de nouvelles voies thérapeutiques. Cela participe à la compréhension de certains mécanismes qui sont responsables de cette leucémie en particulier. Nous essayons maintenant de reconstituer un modèle de micro-environnement artificiel de façon à étudier plus précisément les dérégulations des cellules leucémiques et leur comportement vis-à-vis des cellules qui les entourent.

Des recherches intéressantes pour les patients atteints de LMC

Actuellement, il existe plusieurs types de recherches qui sont menées sur la LMC. Des activités de recherche clinique, c’est-à-dire directement proposées aux patients, sont menées en permanence. Au niveau du groupe français de la LMC, ce sont des recherches qui sont dites cliniques, autrement dit des essais thérapeutiques qui sont proposés aux patients et aux centres qui y participent.

« Il existe des essais d’arrêt de traitement chez des patients qui sont en excellente réponse moléculaire. On peut interrompre le traitement et voir ce qu’il se passe. Dans 50% des cas environ sous Imatinib, la maladie redémarre malheureusement et on est obligé de reprendre le traitement. Mais dans l’autre 50% des cas, par contre elle ne redémarre pas et les patients ont donc encore des cellules leucémiques détectables mais qui ne bougent plus, qui ne se divisent pas, bien qu’elles restent présentes. Soit les patients sont négatifs, soit ils ont quelques cellules détectables dans le sang qui restent indolentes (sans traitement). La qualité de vie est donc remarquablement améliorée avec disparition des effets indésirables liés aux inhibiteurs de tyrosine kinase » nous explique le Docteur Nicolini.

Il y a également de nouveaux médicaments qui peuvent être utilisés en association avec les inhibiteurs de tyrosine kinase, le médicament de référence. Leur objectif est d’essayer d’amener ces patients à une rémission profonde pour pouvoir arrêter le traitement définitivement chez un plus grand nombre de patients.

En France, un essai clinique nommé ACTIW notamment est en cours, l’essai PETALs aussi est en cours d’analyse.

Pour finir, plusieurs centres en France (à Paris, Bordeaux, Lyon, ...) travaillent également sur le plan biologique, sur les mécanismes de la leucémogenèse, la meilleure quantification des cellules leucémiques, la qualité de vie des patients traités et en arrêt de traitement. La France reste très active dans les recherches concernant cette maladie, malgré les excellents résultats des traitements actuels.


Lauréat 2016 des 20 000 euros pour la recherche

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LMC France soutient la recherche 2016

LMC France a le plaisir d'annoncer que les lauréats de l'appel d'offre de 20000 euros sont le Professeur Mauricette Michallet et les Docteurs Stéphanie Gobert, Véronique Maguer-Satta et Franck Nicolini.

 

Le projet 2016 retenu par LMC France

" Rôle de la voie BMP dans la résistance aux traitements de la Leucémie Myéloïde Chronique des cellules leucémiques et dans les cellules stromales."


  Équipe Hôpital Lyon Sud :

Professeur Mauricette Michallet

Docteur Stéphanie Gobert

Docteur Véronique Maguer-Satta

Docteur Franck Nicolini

 

C’est un important projet pour pouvoir comprendre les mécanismes affectant la résistance au traitement de la LMC et pour pouvoir agir par la suite avec de nouveaux traitements.

 

Les dossiers de réponses à l'appel d'offre LMC France ont été nombreux et les projets proposés émanaient d'équipes de recherche fondamentale et/ou clinique renommées, le choix fut particulièrement difficile à effectuer car les projets étaient tous porteurs d'espoir pour les patients.

Pour l'occasion et afin d'effectuer le meilleur choix possible, l'association LMC France s'est entourée d'un Conseil Scientifique international et indépendant qui a pu en toute liberté effectuer ses recommandations quand aux différents projets soumis à LMC France.

Pourquoi LMC France soutient la recherche ?

Soutenir la recherche est l'un des objectifs principaux de l’association LMC France.

Mina Daban, Présidente fondatrice de l’association LMC France déclarait «Sans l'avancée de la recherche, je ne serais pas là, la recherche m'a permis de voir grandir mes enfants, il me semble naturel de lui rendre ce qu’elle m'a donné et d'en faire bénéficier le plus grand nombre ».

« Tous unis, tous uniques, contre la leucémie ! »